← stationFERAL
Malik Rahal

Qu’est-ce qu’il a gardé

Father from Oran, mother from Marseille

the numbers

bpm
172
key
D# major
energy
0.69
dance
0.95
valence
0.55
vocal at
1.8s
length
3:26
language
Fr

lyrics

Dans le couloir, carton sous le bras, j’avance sans bruit

Le buffet sent le savon, le tabac froid, le vernis jauni

Trois tasses dépareillées, deux nappes, un vieux poste radio

Et son nom sur l’étiquette, écrit au Bic, de travers, tout en bas, tôt

Dans la penderie, trois manteaux, un ticket de course au fond

Une photo d’Aubagne, pliée net, coin mangé par le carton

Le fer à repasser lourd, la clé fendue, les rideaux serrés

J’fais le tri comme on compte les jours, chaque objet veut parler

J’ouvre un tiroir, ça grince encore

Des bouts de vie, rangés dehors

J’me tiens droit, j’respire fort

Même le silence a son décor

Qu’est-ce qu’il a gardé

Qu’est-ce qu’il a gardé

Qu’est-ce qu’il a gardé

Qu’est-ce qu’il a gardé

Sous la poussière et les années

Qu’est-ce qu’il a gardé

Dans la cuisine, la balance rouillée, les courgettes du jardin

Un sac de boulons, des reçus pliés, datés de quatre-vingt-un

La nappe en plastique collée, la théière cabossée, le sel

Et des lunettes sans branche, posées là comme un appel

Au mur, la carte de Marseille, un trait rouge jusqu’au port

Le cendrier plein de miettes, la clé plate du garage au nord

Un slip de travail, trois vis, le vieux tournevis noirci

Je mets chaque chose à sa place, mais sa place me suit ici

Qu’est-ce qu’il a gardé

Qu’est-ce qu’il a gardé

Qu’est-ce qu’il a gardé

Qu’est-ce qu’il a gardé

Sous la poussière et les années

Qu’est-ce qu’il a gardé

Dans la boîte à chaussures, y a les cartes, y a les factures

Un billet de ferry froissé, une médaille, une cassure

Moi j’crois entendre sa voix dans le cliquetis des couverts

Pas des grands discours, juste ses mains, ses gestes, son hiver

Qu’est-ce qu’il a gardé

Qu’est-ce qu’il a gardé

Qu’est-ce qu’il a gardé

Qu’est-ce qu’il a gardé

Sous la poussière et les années

Qu’est-ce qu’il a gardé
Qu’est-ce qu’il a gardé — Malik Rahal · FERAL